L'Étoile mystérieuse

Histoire

À bord d'un navire polaire dont le capitaine Haddock assure le commandement, Tintin et quelques savants européens partent pour l'océan Arctique, où s'est écrasé un aérolithe contenant un métal inconnu. Mais dès qu'ils apprennent qu'un autre navire fait également route vers l'étrange météorite, leur expédition se transforme en une véritable course contre la montre.

L'astronome Hippolyte Calys a-t-il raison d'annoncer à Tintin que la fin du monde est imminente ? Ce que laisse voir son télescope est en tout cas très clair : une énorme boule de feu, apparue dans le ciel depuis peu, se rapproche à toute vitesse et menace sérieusement de percuter notre planète ! Premier épisode à paraître en couleurs, L'Étoile mystérieuse (1942) se fonde sur la chute, dans les régions arctiques, d'un aérolithe qui contiendrait un métal inconnu. Tintin et Haddock font partie de l'expédition scientifique qui, au prix d'une hallucinante course contre la montre avec des financiers sans scrupules, tente de la récupérer.

Au sujet de "L'Étoile mystérieuse"

Hergé : "... il est question, entre autres, de la rivalité pour le progrès entre l'Europe et les États-Unis. J'ai décrit cette lutte à travers la course de deux navires vers un même but..." ( Numa Sadoul, Tintin et moi, entretiens avec Hergé, p.159 ).

Numa Sadoul : "c'est avec l'étoile que le fantastique intervient pour la première fois dans votre œuvre. Il y a des dessins d'hallucinations et des effets optiques remarquables. C'est un épisode qui contient quelque chose d'étrange : des climats fortement oniriques, mystérieux...".

Hergé : "Effectivement". L'Étoile mystérieuse c'est aussi le début de la mise en couleur systématique ( impression en quadrichromie ) et du passage au format strict des 62 pages.

Chez Tintin

Entrez donc !

À gauche, un fauteuil confortable. Au centre, une table basse en bois massif. Aux murs, des gravures encadrées. Au plafond, un lustre doré. Pour cause de tremblement de terre, le tout est un peu sens dessus dessous.

D'accord : ce n'est pas le meilleur moment pour découvrir l'appartement qu'occupe Tintin au 26 rue du Labrador. Mais comme l'occasion ne s'en présente pas souvent...

L'amateur de caramels mous

Astronomie

Premier homme de science à être apparu dans le monde de Tintin, l'astronome Hippolyte Calys serait un personnage dénué de toute fantaisie s'il n'avait un faible pour les caramels mous.

C09 02 B2 - L'observatoire d'Uccle
C09 04 A1 - Document extrait des archives d'Hergé / le plus grand télescope du monde

Par les anneaux de Saturne, voilà le genre de détail qui ne s'invente pas ! Exact, puisqu'à l'époque où Hergé alla s'y documenter, l'Observatoire royal de Belgique comptait un amateur des dits caramels parmi les membres de son personnel.

Des gags bien tassés

Whisky

Hergé traita généralement avec beaucoup d'humour le goût prononcé du capitaine Haddock pour le whisky. Dans L'Étoile mystérieuse, les gags reposant sur cette fâcheuse inclination ne manquent pas.

L'un des meilleurs est celui où, sous les yeux mêmes des délégués de la Ligue des Marins Anti-alcooliques , dont le capitaine est le président d'honneur. Plusieurs caisses de bouteilles de whisky sont livrés à bord de l'Aurore.

Mais c'est Piccard !

Cent pour cent savant

Suisse d'origine, Auguste Piccard enseigna à l'Université de Bruxelles au cours des années 30 et 40. Selon Hergé, à qui il arriva de le croiser dans la rue, l'inventeur du bathyscaphe était l'incarnation même du savant.

Aussi, avant de s'inspirer du physique peu banal d'Auguste Piccard pour celui du professeur Tournesol, Hergé le représenta tel quel dans L'Étoile mystérieuse. Regardez bien cette case : le premier en partant de la droite, c'est lui !

Très cinéma

Hergé n'avait pas l'habitude de vanter ses propres dessins. Cela n'empêchait pas d'estimer que certains d'entre eux étaient particulièrement réussis. Par exemple ceux qui, dans L'Étoile mystérieuse, représentent de manière quasi cinématographique les tangages de l'Aurore

Gare aux pommes !

Aux frontières de l'irréel

"C'est de la sorcellerie !..." s'écrie Tintin. Il manque une première fois de recevoir sur le crâne une pomme géante.

La deuxième fois sera la bonne, il sera littéralement KO et manque de peu de se faire engloutir par les flots déchaînés. Hergé entre dans le monde du fantastique, leurs effets immédiats sur ses passagers.

Vos contributions (30) Contribuer
tara093lundi 10 juillet 2017 à 21:08
trop bien!
jacqueshervemardi 4 octobre 2016 à 20:58
C'est bien dommage que Hergé n'ait pas rendu plus présents les autres savants dont deux ressemblant à Auguste Picard que sont le Suédois et le Portugais. Cependant je trouve au niveau des vignettes un travail très réussi, que ce soit la première page dont les magnifiques cases mettant en valeur la nuit étoilée, le dessin de l'observatoire, le mal de mer du côté des savants ou le séjour de Tintin dur l'aerolithe avec les changements de décors où les pommiers colorés apportent de la couleur contrastant avec le décor des régions polaires. Hergé brosse en plus dans cet album un portrait assez audacieux de Milou qui provoquera la colère du cuisinier Van Damme puis celle du Capitaine Haddock qui après être privé de garniture pour la choucroute se voit plus tard privé de spaghettis.
campierrotmercredi 7 septembre 2016 à 09:04
merci pour la représentation de l'appartement de Tintin au 26 rue du Labrador, méconnu. Je me demande ce que peut bien faire cette grande cruche à eau située près de la fenêtre. Quelqu'un aurait-il une idée ? Merci.
ivannalundi 4 juillet 2016 à 23:03
Toujours plaisant de lire vos textes, on découvre des choses, merci :) .
nicnolmercredi 30 décembre 2015 à 17:15
On sait qu'Hergé, à ce point sévère avec lui-même que, pratiquant l'auto-critique, il se censurait impitoyablement, s'est particulièrement félicité de la valeur de deux dessins :

1° dans "Le crabe aux pinces d'or" , en la case CPO, 38-I-2, véritable condensé de la décomposition d'un mouvement d'espèce cinématographique concentré dans une seule image fixe ... Apparemment "interpellés" par l'inexorable avancée d'un Haddock fou de rage, chaque Beraber abandonne sa position de tir, du premier pillard, à gauche, paraissant interloqué à celui, tout à droite, déjà en pleine fuite !!! Image d'espèce filmique que sonorise la bordée d'insultes du capitaine (c'est la première fois mais certes pas la dernière !) emplissant le ciel . Le comique de la scène, on ne l'apprend qu'ensuite : ce n'est pas le capitaine qui a provoqué la fuite des Berabers mais ... l'arrivée de la patrouille du lieutenant Delcourt ;

2° dans "Le trésor de Rackham le Rouge" (en la case TRR, 25-I-1), celui de même espèce cinématographique (on sait qu'Hergé a été très tôt un passionné du cinéma, alors muet), où, sur fond du cargo Sirius au mouillage, deux moments d'action sont concentrés dans un même espace temporel : d'une part, Haddock, prenant pied sur "l'île au trésor" quelques 250 années après son ancêtre, s'avance "en explorateur", de l'autre, Tintin et les Dupont joignant leurs forces pour tirer le canot à terre ...

Personnellement, j'ajouterai la TRES BELLE case remplissant tout le bas de la page 20 de "Coke en Stock", où l'on voit, sur fond de ciel, Tintin, Haddock et Milou, fuyant clandestinement les lieux du DC3 qui a fait explosion, longeant les rivages de la mer Rouge au sein de l'univers hostile du "Djebel Kadheih" où ils avaient été promis à la mort par les sbires de "Mull Pacha" alias le Dr Müller ...

Comment ne pas être saisi également d'admiration devant le même effet "cinématographique" appliqué à la bande dessinée dans "L'Etoile mystérieuse", en la scène du mal de mer s'emparant progressivement des savants de l'expédition du F.E.R.S. en train de déjeuner d'une choucroute (un met dont, le moins que l'on puisse dire, est qu'il est par nature très pesant) "non garnie" (Milou a commis son premier larcin de l'album en "s'appropriant" les saucisses - EM, 23-II-3 et IV-2 -) ?!!!

Cette fois, il ne s'agit pas de la concentration en UNE SEULE case mais d'un authentique "déroulé cinématographique" que double une technique visuelle par laquelle Hergé semble vouloir "initier" ses lecteurs aux effets de la montée de la naupathie :

a) d'une part, en la partie supérieure de la première bande, quatre cases développent le tangage de "l'Aurore" (mouvement d'oscillation d'avant en arrière et vice-versa) ...
b) de l'autre, cinq images inscrivant les "effets" du tangage sur chaque savant : regards qui louchent, teint de plus en plus verdâtre avec, en guise de "suggestion", spirales de vertige et "gouttelettes" d'émotion, le lecteur continuant pour sa part à percevoir "en arrière-plan", sur les boiseries, les mêmes effets de tangage du navire (EM, 24-I-a et b) !!!

Le résultat, en forme de "synthèse de "a" et "b", c'est la sortie des malheureux savants déjà bien mal en point (EM, 24-II-1) ...

Scène à ce point "réaliste" que l'on peut s'autoriser à se demander si Hergé n'en a pas lui-même fait quelque jour l'expérience ...

Le comique réside, là aussi immédiatement, à la vue de Tintin et Haddock continuant leur repas sans aucune gène, comme si de rien n'était : "Dans quelques jours, ils seront habitués ..." assure un Haddock hilare (EM, 24-II-2) ... Comique que renforcera par la suite la bordée d'un paquet de mer que Calys se prend en plein visage en ouvrant le hublot de sa cabine - "un peu d'air frais nous ferait tant de bien" ... - lors que Cantonneau, dans la couchette du dessous, est tellement malade qu'il en appelle à la mort (!) ... (EM, 26-II-1 et 3) !!! C'est que la tempête s'est aggravée, tangage et roulis se succédant à un point tel que même Tintin, sauvant Milou en passe d'être aspiré hors du bateau, en est effrayé ... "Un simple coup de tabac", assure Haddock qui, "dieu Neptune" à la barre du navire (qui "tient admirablement la mer" - texte du strip du 31 décembre 1941 -), se retrouve dans SON élément - EM, p. 25 - (combien elle est "loin" l'épave humaine rongée d'alcool, proche de la crise de delirium, que nous avions sous les yeux dans l'album précédent) !!!

Je n'invite personne à trop fixer son attention sur ces cases "naupathiques" ... On ne sait jamais !!!
+1
jacqueshervesamedi 11 juillet 2015 à 19:16
On remarquera dans la première mise en couleur lors de la première apparition du navire Aurore un arrière plan grisâtre (page 14 troisième strip avant refonte des couleurs dans les années 50
+1
jacqueshervesamedi 11 juillet 2015 à 19:13
On se demande comment les choses se seraient passées si les hommes du Peary avaient pris un peu de Calystène malgré le drapeau du FERS déjà planté au sommet de l'aérolithe ! Ils auraient eu certainement une bonne surprise !

Notons que dans la rubrique on met en avant la référence à Auguste Piccard à travers le savant suédois . Or il y a aussi le savant portugais qui ressemble au savant suédois , à Auguste Piccard et ...au professeur Tournesol !!!
+1
nicnoljeudi 2 juillet 2015 à 17:04
@marcchalet et jacquesherve : cet homme représenté, habillé de manière sinon élégante, du moins soignée (à la différence des autres témoins, tirés de leurs lits - voire de leur sommeil - ou noctambules plus ou moins dépenaillés -, par la chaleur extrême dégagée par l'approche de l'étoile), figurant à l'extrême gauche de la vignette EM, 7-III-3, est manifestement Hergé lui-même dont on sait quel soin il avait de sa personne, ainsi que l’attestent maints témoignages ... C’était déjà lui, en authentiquement élégant cette fois (le contexte est évidemment fondamentalement différent que ayant pour cadre cette nuit de Terreur), qui figurait, "d’entrée de jeu", "d’aventure" et de la "saga de Tintin", sur la toute première vignette de "Tintin au Congo" …

Cette manifestation d'angoisse sous les espèces cumulées d'une chaleur de plus en plus insupportable et de la lugubre clarté dispensée par "l'Etoile" ("prélude à l’Apocalypse", écrit Jean-Marie Apostolidès), éclaire d’un "jour" nouveau - si l’on peut dire ! - cette GENIALE métaphore hergéenne exactement contemporaine aux recherches technico-scientifiques alors en cours en Grande Bretagne et aux Etats-Unis aux fins de l'acquisition de la "maîtrise du ciel" par l'aviation de chasse et - SURTOUT ! - de bombardement, appelée à devenir "stratégique" ... en les premiers MASSACRES de populations civiles des premiers raids de la future stratégie de TERREUR !!!

"L'Etoile mystérieuse" dont la publication originale en scripts dans "Le Soir" s'étend du 20 octobre 1941 au 22 mai 1942, suggère métaphoriquement en son début la MORT fondant du ciel sur les cités humaines ... Stratégie initiée NON PAS (comme on le croit toujours) par les Allemands en Espagne (1936), les Italiens en Ethiopie (1935) ou les Japonais en Chine (1937) mais ... par les Anglais (déjà "inventeurs" des "camps de concentration" durant la guerre des Boers), à la "faveur" de la guerre civile russe (1917-1922) ce, DES septembre 1918 à Obozerskaïa, près d’Arkhangelsk puis, le 27 août 1919, à Yemtsa et en d’autres localités contrôlées par les "Rouges", en des bombardements au gaz de combat à base d'adamsite !!! Le fait, inconnu des "masses", est, bien évidemment, soigneusement caché par l’historiquement "correct" ... C'est que, son initiateur enthousiaste n'était autre que ... Winston CHURCHILL lui-même ainsi que le PROUVE la référence suivante :

www.courrierinternational.com/.../quand-winston-churchill-approuvait-les-gaz-de-combat.

Catastrophe pressentie, par delà Guernica, par le "Blitz" en 1940 mais dont Hergé, en ces premières pages de "L’Etoile Mystérieuse", anticipe les effets DECUPLES, à partir de 1942, par la stratégie britannique du "Moral Bombing", par de saisissantes analogies :

a) chaleur de fournaise, fuite des rats s'évadant de leurs abris ... soit ces caves emplies de dizaines de milliers de civils qui, menacés d'asphyxie, sont contraints d'en sortir pour ... se trouver en proie à la lutte pour la vie au sein de la fournaise d’un océan de flammes : le "choix" entre mourir ASPHYXIES ou BRÛLES VIFS !!!
b) les rues se liquéfiant (Milou, paralysé, est secouru par Tintin qui s’y embourbe lui-même,
- "Maudite Etoile" lance-t-il significativement ! -) ... soit le goudron enflammé des rues coulant jusque dans les précaires abris où se terrent les civils ou, PIRE, transformant en TORCHES VIVANTES tout qui, fuyant ces "abris", s'y est aventuré ... ;
c) tremblement de terre ... destruction des canalisations ... soit, l'anticipation de multiples bâtiments s'effondrant et l'action des bombes à retardement interdisant au personnel de la "Défense civile" de procéder à l'annihilation des premiers incendies ...

Catastrophe pressentie et, devenue réalité à partir du bombardement de Lübeck (28 mars 1942, un dimanche des Rameaux !) et de Cologne ("Opération Millenium", dans la nuit du 30 au 31 mai 1942, huit jours après l'achèvement de "l'Etoile mystérieuse" !), culminant en les Tempêtes de feu de Hambourg (juillet 1943), de Dresde (13 et 14 février 1945) ou de Tokyo (09 et 10 mars 1945), autant de nuits d’abomination que surpasseront les raids atomiques, d’Hiroshima et de Nagasaki, les Américains, pseudo "libérateurs", pseudo dispensateurs de la "démocratie", étant à ce jour les seuls à n’avoir pas craint de faire fondre le Feu du Ciel (de l’Enfer, plutôt !) sur la Terre !!!

Dans "L'Etoile mystérieuse", la catastrophe n’aura pas lieu, les sinistres prophéties du "prophète" Philippulus étant renvoyées, ainsi que le célèbre un Tintin enthousiaste, à "une date ultérieure" … C’est que l’album, en son développement, entend surtout suggérer en une énième métaphore les recherches sur la fission de l’atome tant chez les Alliés que chez les Allemands qu'illustre la compétition que se livrent l’équipe composée significativement de savants européens et celle du "Peary", missionnée, en la version originelle, par les Etats-Unis, et que Hergé DEVRA "neutraliser" après 1945 du fait du "verdict" de l'Histoire …

A l'écoute de "voix" intérieures, l'Artiste, s'il a du GENIE, a le privilège d'anticiper son Temps ... C'est ce que Hergé a fait dans "L'Etoile mystérieuse", surpassant en cela en dimension tragique comme en anticipation, "Le Lotus bleu" et "Le Sceptre d'Ottokar" !!!
+2
jacqueshervelundi 8 juin 2015 à 13:13
Une note précédente indique la présence, page 7 image 9, de Hergé lui-même. Cela reste à prouver, le personnage le plus à gauche en chemise, portant une cravate rouge et rayée, est de tous les personnages dessinées ici celui qui pourrait le plus évoquer l'auteur, mais il ne faut pas vouloir le reconnaître trop vite, non ?===> Et pourtant il s'agit bien de l'auteur . La case fut agrandie et Hergé avait profité du remaniement pour se représenter parmi les gens qui observent l'arrivée de la météorite. On retrouve d'ailleurs Hergé dans une des cases du Musée Ethnographique dans l'Oreille Cassée près des sculptures polychromes. Hergé apparaît aussi dans Tintin au Congo, dans le Sceptre d'Ottokar (éditions couleurs) et dans l'Affaire Tournesol.
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jacqueshervelundi 11 mai 2015 à 00:36
Notons que Mr Blumenstein / Bohlwinkel sera puni aux USA / à Sao Rico et non pas par les européens. On peut supposer à part un certain Douglas et Mr Bohlwinkel que les membres de l'expédition ne souhaitaient pas recourir à la violence. On se demande si les hommes du Peary n'auraient pas emporté avec eux quelques fragments de Calystène même en ayant perdu la partie.
+1
marcchaletlundi 2 mars 2015 à 14:54
Une note précédente indique la présence, page 7 image 9, de Hergé lui-même. Cela reste à prouver, le personnage le plus à gauche en chemise, portant une cravate rouge et rayée, est de tous les personnages dessinées ici celui qui pourrait le plus évoquer l'auteur, mais il ne faut pas vouloir le reconnaître trop vite, non ?
En revanche, remarquons, page 2, comment le concierge, en claquant la porte de l'Observatoire au nez du jeune reporter et sur le derrière de Milou, réussit à modifier la graphie de la plaque ! En effet, à l'image 6 on lit "Observatoire" (minuscules italiques) puis, à l'image 12 "OBSERVATOIRE" (majuscules droites). On se saura jamais l'effet du second claquement de porte à l'image finale, ni comment le concierge chauve a réintégré sa loge. Car il est toujours là, le lendemain, toujours aussi grognon et impuissant, voir page 10 (il ouvre au cinquième coup de sonnette) et page 13 (il ouvre au troisième coup ; un petit tortillon de célérité accompagne son pied gauche, le bonhomme s'active !).
nicnolmardi 23 décembre 2014 à 16:12
Dans la première conception (parue en strips dans "Le Soir" du 20 octobre 1941 au 22 mai 1942), Hergé, lecteur assidu du "Crapouillot", condamnant sans ambages le capitalisme sauvage (déjà stigmatisé dans "Tintin en Amérique" et "Les Cigares du Pharaon"), élève "L'Etoile mystérieuse" à la dimension de l'allégorie politique, exprimant ce dont il était alors question (par delà la lutte à MORT opposant le nazisme à l'alliance contre-nature entre les "démocraties" occidentales et l'URSS communiste) : le conflit entre les valeurs européennes traditionnelles et l'alliance (et les intérêts !) judéo-anglo-américains. Rien que la réussite de cette traduction allégorique fait de "L'Etoile mystérieuse" un CHEF d'OEUVRE !!!

Aux savants européens animés par un idéal commun désintéressé de l'expédition "l'Aurore" financée par le "Fonds européen de recherche scientifique", s'opposent depuis New York, cette citadelle du capitalisme, la figure crapuleuse du banquier juif Blumenstein, quintessence du capitalisme étatsunien, propriétaire de la banque finançant l'expédition rivale du "Peary" (du nom de l'explorateur américain qui aurait le premier atteint le Pôle Nord (*) ), son secrétaire Johnson et toute une anti hiérarchie d'hommes de mains à leur solde (le dynamiteur de "l'Aurore" ... l'équipage du "Kentucky Star", navire pirate missionné pour éperonner "l'Aurore" ... Smith, l'Agent Général pour l'Islande de la "Golden Oil", propriété de la banque Blumenstein, exerçant le monopole de la livraison des carburants en Islande et tous ses subordonnés incarnés par ... le préposé, à Akureyri, arguant très maladroitement d'une prétendue carence de réserve de mazout). L'enjeu ? La recherche (et la conquête) du "calystène", métaphore des travaux atomiques auxquels se livraient, à l'époque de la composition de l'album, savants allemands et américains, évoquant immanquablement, en les propriétés explosives du "nouveau métal" découvert par le professeur Calys , la fission atomique et, dans le raccourcissement du Temps et de l'Espace sur l'aérolite, la relativité d'Einstein ... Quête d'espèce manichéenne clairement exprimée par le fait que le camp du Bien, incarné par l'équipe de savants de nationalité belge, suédoise, suisse, allemande, espagnole et portugaise, est rehaussé par la présence de Tintin et du capitaine Haddock !!!

(*) en fait, il semble bien que NI lui NI son rival Cook n'aient JAMAIS atteint le Pôle EXACT ...

Allégorie et manichéisme qui furent considéré à la "Libération" comme on ne peut plus "suspects" ... attendu le verdict politico-militaire de 1945 déterminant un nouveau "sens de l'Histoire" absolvant en quelque sorte le ... "Système Blumenstein" !!! Attitude perdurant de nos jours (*) en des avatars d'espèce ne craignant pas l'anachronisme !!! D'où ... la refonte "obligée" de l'album, qui, dépolitisée, si elle respecte la même unité européenne, anonymise le camp adverse : New-York se transforme en l'imaginaire "Sao Rico", "Blumenstein" devient "Bohlwinkel" ("boutique de confiserie" en langage marollien mais, ô ironie !, relevant cependant encore d'un patronyme israélite) tandis que le pavillon étatsunien de l'expédition Peary, se mue en un emblème on ne peut plus respectablement "neutre" ...

(*) un article du "Figaro" en date du 09 décembre 2014 titre "Raciste, antisémite, sexiste : Tintin sur le banc des accusés" tandis que le même jour, "Egalité & Réconciliation" dénonce les Inquisiteurs du "CRAN" accusant "Tintin" de "raciste", "toxique" et "subtilement négationniste" !!!

Cette "dépolitisation" ne saurait faire disparaître la réalité du conflit sous-jacent, objet de la démonstration originelle : Hergé l'exprime encore dans l'interview avec Numa Sadoul : une "rivalité pour le progrès entre l'Europe et les États-Unis" !!! Et il n'est que de considérer la forme que prend l'Union Européenne actuelle, devenue l'humble auxiliaire (et la complice !) des Etats-Unis jusque dans une politique sanctionniste violant le Droit International et les lois du Commerce mondial (politique qui ne nuit qu'à elle-même) pour se dire que, décidément, Hergé avait pleinement raison de dénoncer véhémentement, à travers le "capitalisme sauvage" incarné par le banquier Blumenstein, l'impérialisme judéo-américain ...
+3
nicnolmardi 23 septembre 2014 à 15:39
Un savoureux "poème" surréaliste témoigne de la schizophrénie du collaborateur (et double) du professeur Calys, Philippulus !!! Foudroyé par la révélation de l'approche inexorable de l'étoile ("Le châtiment ! Aha ! ... Je leur ai dit : c'est le châtiment ! ... Le châtiment, ne l'oubliez pas ! ..." EM, 3-II-1,2,3), il troque des vêtements civils désuets ("uniforme" du savant) pour une tout aussi désuète toge blanche de prédicant et, armé d'un gong, admoneste les passants :

"Je suis Philippulus le prophète / Et je vous annonce que des jours de terreur vont venir ! ... / La fin du monde est proche ! ... / Tout le monde va périr ! ... / Et les survivants mourront de faim et de froid ! ... / Et ils auront la peste, la rougeole et le choléra ! ..." (EM, 7-IV-3) !!!

Délire mystique que l'on peut qualifier de Théomanie (L'Etoile est grande et Philippulus est son prophète !) sans analogie aucune avec ceux de l'égyptologue Philémon Siclone et de l'écrivain Zlotzky (in "Les Cigares du Pharaon") : ces derniers ont été les victimes du radjaïdjah, le "poison-qui-rend-fou" (s'agissant de Siclone, le radjaïdjah n'a fait cependant que réaliser dans les faits la pente démentielle inscrite en lui) !!! Théomanie se doublant d'une Démonomanie quand Philippulus accable Tintin de ses malédictions :

"C'est un envoyé du Diable !... un suppôt de Satan !... un infâme serviteur de Belzébuth !" (EM, 8-I-2) ... "Retourne chez le prince des Ténèbres, ton Maître" (EM, 8-IV-3) et, plus tard, du haut du mât de l'Aurore : "Tu es un valet de Satan ! ... N'approche pas, maudit ! ..." (EM, 19-I-2)

Singulier, vraiment, combien ces ébauches du professeur Tournesol (lui-même, à ses débuts, plongé dans son univers intérieur, aux frontières de l'inconscience - voir l'état de rêve total dans lequel il traverse l'aventure du "Soleil" ! -) sont marquées du sceau de la folie ... Une seule exception : le professeur Nestor Halambique ("Le Sceptre d'Ottokar") lequel, bien que marqué du "signe des savants" (la distraction, une passion intérieure qui lui fait négliger l'environnement immédiat), paraît bien cependant avoir les "pieds sur terre" !!!

Singulière aussi la prégnance des figures gémellaires de l'espèce : Siclone ET Zlotsky ... Nestor ET Alfred Halambique ... Calys ET Philippulus ... (sans compter les Dupondt) ... SEUL Tournesol est "unique" ... Est-ce la raison pour laquelle il ne sombre pas dans la folie ou ne se révèle pas être une figure gémellaire négative ... ? Rappelons qu'Hergé, né sous le signe des Gémeaux, était fils et neveu de jumeaux ... Quant à la folie ... on sait que sa mère, longtemps fragile mentalement, a sombré dans une forme de démence au point qu'elle a dû être internée en asile psychiatrique en 1944 jusqu'à sa mort en 1946 ...
+3
charlotte9jeudi 13 mars 2014 à 19:26
DANS MON TOP5
campierrotmercredi 1 janvier 2014 à 15:25
cet ensemble de dessins des passagers ayant le mal de mer est d'une qualité rare. On croirait qu'Hergé a, lui aussi, connu une expérience sérieuse du mal de mer. Bravo. Un de ses meilleurs dessins avec 2 autres que j'apprécie énormément : les Arabes, dans le Crabe aux Pinces d'Or, couchés dans les dunes, qui sur une seule planche ont toutes les postures d'un mouvement continu, comme au cinéma. Et alors, dans Tintin au Tibet les 2 planches horizontales, où nos héros font, à la queue leu leu l’ascension de la montagne.

signé : Pierre Camerman
jacqueshervelundi 14 octobre 2013 à 00:40
Je serai amené à reprocher à Hergé d'avoir donné un rôle trop effacé aux savants. Cependant, le scénario de l'île ira jusqu'à influencer le scénariste Romano Scarpa pour une aventure de Mickey.
+1
jacqueshervesamedi 24 août 2013 à 14:59
A noter parmi les habitants la présence de Hergé page 7 lorsque Tintin dit "pauvres gens s'ils savaient ''.
+1
jacqueshervesamedi 24 août 2013 à 14:55
Un album assez réussi où on note de superbes images lors du séjour sur l'aérolithe. Hergé avait fait refaire la mise en couleurs dans les années 50 pour les rendre plus criades. Mais l'édition originale de 1942 vaut le détour en raison de ses vignettes page 1 surdimensionnées lorsque Tintin remarque une étoile de plus.
+1
seb501dimanche 20 janvier 2013 à 14:30
Franchement, cet album est très réussi!
le fait que l'album ce déroule sur un bateau est super!
tomtombvendredi 9 novembre 2012 à 13:18
11/20: je suis un peu sévére sur la note mais je trouve la fin d'un mauvais goût incroyable. dans cette épisode je trouve quand méme que l'humour est différent des autres mais je le trouve un peu revue et corrigé. 2eme épisode avec Haddock et tous cette joyeuse assemblée de proffeseur, scientifiques... cette album est un peu navet
+1
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