L'Affaire Tournesol

Histoire

Une sensationnelle invention du professeur Tournesol commence par provoquer des catastrophes au château de Moulinsart : toutes les vitres volent en éclat, ainsi que la plupart des objets en verre! Malheureusement, cette trouvaille ne rejoindra pas le rayon des farces et attrapes. Des espions tentent de s'emparer de Tournesol pour lui soutirer ses plans. Il apparaît que les kidnappeurs sont des Bordures, éternels ennemis des Syldaves et bien décidés à transformer l'invention de Tournesol en arme de destruction massive.

Pour L'Affaire Tournesol, il utilise un vrai truc d'espion: le parapluie qui sert à cacher les microfilms de son invention dévastatrice. Vous souvenez-vous de la manière dont finissent les microfilms ? Rendez-vous dans L'Affaire Tournesol.

Une couverture... fracassée !

Alors que L'Affaire Tournesol paraît en feuilleton dans le Journal Tintin, Hergé suggère à son éditeur de recouvrir le dessin de couverture d'un plastique «de genre mica, à poser sur le dessin lui-même (...) ; en d'autres mots, un relief transparent donnant l'illusion du verre», précise-t-il dans une lettre du 11 janvier 1956. L'éditeur n'acceptera pas cette idée originale et le lecteur se contentera de la représentation graphique d'une vitre brisée.

Les tours de Manhattan en ligne de mire

En page 51 de l'album, on voit un dignitaire de l'armée bordure effectuer une démonstration de la force destructrice de l'invention de Tournesol. Sur un écran de télévision apparaissent les gratte-ciel d'une ville de style très américain.

C'est ce site emblématique qui est visé par les agresseurs bordures. Comment ne pas y voir la prémonition d'un autre attentat, le 11 septembre 2001, qui voulait également marquer les esprits ? Décidément, l'histoire replace les plats  -  seule change la sauce...

Un gag adhésif ...

À la suite de l'explosion de la maison du professeur Topolino, le capitaine Haddock, blessé, se retrouve affublé de plusieurs sparadraps, dont un sur l'arête du nez. C'est l'amorce du plus long running gag (plaisanterie récurrente, en français) de l'œuvre d'Hergé. Non seulement, en page 45, le «petit sparadrap» voyage dans pas moins de 17 cases (au total, la page en compte 24 !), mais il réapparaît à la page 46 (8 cases). Après son épopée suisse, le vaillant bout de tissu collant est transféré en Bordurie, à la page 47 (4 cases), avant de ressurgir une dernière fois, en page 49.

... et une personne tout à fait collante

Il a failli s'appeler Crampon. Il est devenu Lampion. C'est en page 5 de l'album que Séraphin Lampion fait irruption au château de Moulinsart. Il se fera un point d'honneur à empoisonner la vie du capitaine Haddock et de son entourage. Lampion représente à peu près tout ce que n'appréciait pas Hergé chez un être humain : une familiarité exagérée, un éternel sans-gêne, l'art de s'imposer.

Et la pleutrerie : c'est une rumeur à propos d'une épidémie de scarlatine qui fera fuir (enfin !) Lampion et sa famille. Autre clin d'œil d'Hergé : le nom du professeur Topolino, correspondant de Tournesol en Suisse, à Nyon. Topolino est le nom italien de... Mickey !

Le 412, le 421 ou le 431 ?

Quand il s'est installé, au début des années 1950, à Céroux-Mousty, en Brabant wallon (Belgique), Hergé se vit attribuer le numéro téléphonique 412. Lui-même gratifia le château de Moulinsart d'un numéro 421... et la boucherie Sanzot du 431.

Le dessinateur avait lui-même été la victime d'erreurs téléphoniques -  il s'en servit comme gag dans plusieurs albums. Mais le plus amusant reste qu'il y eut un vrai M. Albert Sanzot, qui était vraiment boucher : il tenait un commerce de viande de moutons à Watermael-Boitsfort, dans la banlieue bruxelloise où résidait Hergé dans les années 1930.

La clé d'un hôtel plein de souvenirs

À Genève, Tournesol, puis Tintin et Haddock se rendent à l'hôtel Cornavin. Depuis 1956, date de parution de l'album, cet établissement a connu beaucoup de rénovations, mais... il existe ! La chambre 122 (celle de Tournesol), située au quatrième étage, toujours dans l'album, a perdu sa numérotation.

Mais en raison de l'insistance des admirateurs d'Hergé, la direction de l'hôtel a décidé de redonner le chiffre 122 à une chambre. Belle initiative, sauf que la clé de la chambre 122 de l'hôtel Cornavin disparaît très régulièrement, emportée à titre de trophée par des fidèles de Tintin un peu trop fétichistes !

Nyon, ville historique !

La route qu'emprunte le taxi de Tintin pour se rendre chez le professeur Topolino, à Nyon, existe toujours. Elle a changé, mais en 1953, elle présentait bien le tracé que lui attribue Hergé. Aujourd'hui, il n'est plus aussi simple de précipiter un véhicule dans le lac Léman ( page 20) ! La villa du 57bis, route de Saint-Cergue, à Nyon, a récemment été mise en vente - et, en réalité, elle n'a jamais été éventrée par une explosion.

Les pompiers de Nyon conservent précieusement leur véhicule de secours qu'Hergé a représenté dans les moindres détails, alors qu'il réunissait la documentation sur place.

Des moustaches omniprésentes

À leur arrivée dans Szohôd (une déformation du bruxellois «zo-ot»: «fou, dingue»), capitale de la Bordurie, Tintin et Haddock sont logés à l'hôtel Sznôrr. Les lecteurs flamands et hollandais savent que «snor» désigne une moustache. La ville de Szohôd, est jalonnée de moustaches : statues, calandres des voitures officielles, etc - toutes, évocatrices du dictateur bordure, Pleksy-Gladz.

Il s'agit d'une allusion très claire au dirigeant soviétique, Iossif Dougachvili, dit Staline (en russe : «l'homme d'acier»), qui vécut de 1879 à 1953. En page 47 de L'Affaire Tournesol, l'attitude d'une statue de Pleksy-Gladz semble sortie de l'imagerie officielle de Staline.

L'ère des espions et des gadgets

Lorsque débute, en 1954, la parution de L'Affaire Tournesolen feuilleton dans le Journal Tintin, James Bond a un an. Le premier roman de Ian Fleming (1908  -  1964), Casino Royale, mettant en scène l'espion labellisé 007, est paru en 1953.

Il popularisera l'utilisation de gadgets dans le monde effervescent de l'espionnage en pleine guerre froide. Inutile de dire que Tournesol avait prévu l'avènement de «l'ère du gadget».

Vos contributions (39) Contribuer
tag47lundi 10 juillet 2017 à 16:15
Illisible dans la nouvell application
jacqueshervedimanche 9 juillet 2017 à 14:43
À noter que les statues de Masséna ou de Garibaldi pourraient aussi avoir influencé Hergé en plus de celle de Staline.
nicnolmardi 14 février 2017 à 15:06
Dans son tout récent "Dictionnaire amoureux de Tintin", Albert Algoud, ne pouvant "se résoudre à détester Séraphin Lampion, déplorant même qu'il soit "le seul personnage des aventures de Tintin à subir systématiquement les sarcasmes des exégètes parmi les plus fins et les plus éminents", entreprend une "réhabilitation" de cette "moderne incarnation du "fâcheux" mis jadis en scène par Molière" ... en dépit du fait que Hergé lui-même en a défini l'incarnation en des termes négativement sans appel !!!

Utilisant savamment, en ancien professeur de français, l'étymologie et la sémantique, Albert Algoud, associant l'irruption du vendeur d'assurances avec la réapparition de la lumière - AT, 5-II-1 - (une panne d'électricité due à un orage ayant plongé Moulinsart dans l'obscurité - AT, 4-IV et V-I -), distingue en ledit "fâcheux" une essence "lumineuse" attachée à la fois à son nom (un "lampion" "est une lanterne vénitienne", le mot désignant aussi "un récipient contenant une matière combustible et une mèche qui sert aux illuminations") et à son prénom (Séraphin "vient en effet de l'hébreu "séraphim", de "séraph", "brûler, briller comme le feu") et qu'augmente encore, en guise de parentèle, l'oncle Anatole, prénom "qui vient du grec "anatolé" qui signifie "lever de soleil" ...

Une constatation , précédant cette démonstration "lumineuse", m'intéresse particulièrement : "Dans son élan, cette masse inconnue (Séraphin Lampion) percute la tête du capitaine en un choc qui orne soudain cette obscurité de seize étoiles colorées" (AT, 5-I-3). Et Albert Algoud, en rationaliste qu'il est, de commenter : "J'ignore si les numérologues qui ont tenté d'expliquer le pourquoi du comment des aventures de Tintin au prix d'interprétations tarabiscotées ont retenu ce chiffre ..."

J'ignore (quant à moi) si Hergé avait quelque connaissance en Tarologie ou en Astrologie (ni même si seulement il s'y intéressait ) mais ce chiffre "SEIZE" associé à un orage comme il savait nous en faire vivre (rappelons-nous "Les Sept boules de cristal" !) attire mon attention en tant qu'analogique avec la SEIZIÈME lame du tarot, "La Maison Dieu", symbolisant le mythe de la Tour de Babel frappée par la foudre divine (en Astrologie, Uranus, dans ses influx dits de "chute"), soit, le châtiment de l'orgueil humain ou l'annonce d'une catastrophe ... Et le moins que l'on puisse dire est que, à l'aune de l'humour hergéen, ce "crampon" (vocable qui a failli le dénommer) de Séraphin Lampion (dont l'entrée, loin de revêtir une dimension "lumineuse", coïncide bien plutôt avec les bris de verre, de miroir, de lustre et de vases précieux d'un château de Moulinsart frappé par la "foudre tournesolienne" - à nouveau Uranus, significateur de la Science et des ondes -) sera pour le capitaine Haddock une véritable "catastrophe" qu'annonce éloquemment la fulgurance de l'irradiation cerclée des fameuses "seize étoiles colorées" consécutive au "choc" !!! Et il faudra rien moins qu'une autre "catastrophe" (Bianca Castafiore) pour qu'à notre satisfaction, soit enfin viré comme il le mérite "Monsieur Lampiste" (vocable dont le sens péjoratif "sert à désigner un individu subalterne") ...

Attendons donc, pour en apprendre davantage relativement à la dimension pseudo lumineuse de Séraphin Lampion, contempteur, à la fin de "Vol 714 pour Sydney", du "récit extravagant d'une rencontre avec de prétendus extra-terrestres" (*), "l'éloge", le "panégyrique" auxquels Albert Algoud se propose de s'atteler dans une biographie "dont l'écriture est en cours" !!!

(*) voilà ce qui s'appelle verser soi-même dans l'extravagance !!! Cette ruade de Lampion dans "les brancards de la crédulité" (ce faisant, il se garde bien d'expliquer la présence de l'objet d'origine extra-terrestre trouvé par Tournesol), ce "déferlement d'obscurantisme et d'occultisme qui hypnotise carrément Tintin et ses amis" s’inscrivent dans le cadre du scénario hergéen, par essence, fictif ... A le lire, il semble bien qu’ayant à cœur la "réhabilitation" du Lampion "voltairien, rationaliste et libre penseur" (ascendance "philosophique" qui n'est certes pas à mettre à son crédit !), Albert Algoud, rationaliste lui-même, confonde réalité et fiction !!!
jacqueshervemardi 22 novembre 2016 à 12:41
L'affaire Tournesol restera dans le hit parade des albums les plus réussis de Hergé. On aime :

La présence de voitures qui sont très nombreuses,

Le fait qu'on soit tenu en haleine face à l'atmosphère qui règne au début à Moulinsart,

Des personnages hauts en couleurs.
nicnolmardi 14 juin 2016 à 10:40
@gloubigoulba : s'agissant de l'attitude de ces deux gendarmes, pendant que le plus petit, moustachu, brigadier (*), anime l'espèce d'interrogatoire (QUE des questions, sur un mode sèchement impératif, et sans souci des réponses !), "admirablement" comique par contre est l'espèce de ... "match de tennis" visuel auquel se livre son subordonné, au faciès "fermé" comme une porte de prison et MUET comme une carpe :

1° AT, 9-III-1 : regard à sa gauche, fixé sur Lampion ;
2° AT, 9-III-2 : regard à sa droite, fixé sur Haddock ;
3° AT, 9-III-3 : retour "à gauche", RE sur Lampion ;
4° AT, 9-IV-1 : retour "à droite", RE sur Haddock ...

Et Tintin, de retour de sa recherche du blessé, est dévisagé de la même manière "torve" en AT, 10-II-III ... Un vrai regard pétrifiant de Gorgone, ce type !!!

Le genre de flic qui, assurément, ne laisserait RIEN passer en fait de contrôle des papiers du véhicule, de sa conformité au "RÈGLEMENT" (phares, plaques d'immatriculation, qualité des pneus ...), du degré d'alcoolémie ou de la moindre infraction au code de la route ... Avec lui, "Arturo Benedetto ... Cartoffoli dé Milano" n'aurait AUCUNE chance !!!

(*) on le retrouvera, commandant de gendarmerie, dans "Les Bijoux de la Castafiore", imbu de préjugés et de sinistres avertissements à l'égard et aux dépens des Bohémiens invités par le capitaine Haddock (BLC, 13-I-1, 3 et II-2) !!!
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antony001samedi 13 février 2016 à 14:51
Ce livre est un des meilleurs........
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gloubiboulgavendredi 12 février 2016 à 17:15
A propos de "l'anonymat" du Pr Tournesol, j'en profite pour signaler également, en début d'album, le fait que les gendarmes de Moulinsart, qui viennent enquêter après les coups de feu, ne savent pas non plus qui sont Tintin et Tournesol, alors qu'ils sont assurément, et de loin, les habitants les plus célèbres de leur village !
Pour le reste cet album est totalement fabuleux. Le meilleurs avec Les Bijoux, dans ma cosmogonie tintinesque !
+1
nicnolsamedi 19 septembre 2015 à 13:31
@jacquesherve : de fait, il convient de créditer "Arturo Benedetto ... Cartoffoli dé Milano" de la qualité de "meilleur conducteur du monde" !!! "Qualité" qu'il revendique pour ses compatriotes (lui compris) en AT, 36-IV-3 et que "prouvent" :

1° le démarrage, sur "les chapeaux de roues", sans bloquer le moteur, de sa Lancia Aurelia B20 GT coupé (BRRROUM - "Avanti" - AT, 36-IV-1) ;
2° le franchissement à toutes vapeurs, de la zone de "goudron frais", sans dévier de trajectoire … en dépit du drapeau rouge et du panneau de signalisation … et tant pis pour les ouvriers du personnel de chantier préposés à la réfection de la chaussée (chez nous, les … "rustines" TRES MAL "égalisées" ne se comptent plus !!!) et qui en prennent plein leurs gueules (AT, 37-II-1) ;
3° le virage, négocié quasi "à la corde" ... et RE tant pis pour la vieille guimbarde - une Citroën C6 G - ! (AT, 37-II-2) ;
4° la maîtrise du véhicule ... en dépit de l'accélération soudaine (sollicitée plaisamment par Tintin malgré les claquements de dents de peur de Haddock !) et du "dos d'âne" (AT, 37-III-3 et 4a) ;
5° un superbe mépris de la limitation de vitesse à 30 kms/h, une trajectoire, parfaite, rasant sur la droite un cycliste et deux piétons, sur la gauche, un camion Renault Goélette jaune et semblant gêner le démarrage d’une Citroën 2CV fourgonnette grise (AT, 37-IV-2) ;

Ensuite, en guise de "chef d'oeuvre" de maîtrise de conduite, en pleine agglomération de Cervens, commune française transfrontalière du Grand Genève :

6° la manière dont "Cartoffoli" se tire de la violation délibérée de la priorité de droite, cerné qu'il est sur sa droite par le camion Dodge et, devant lui, la Peugeot 203 "Familiale" bleue (AT, 37-IV-3 et 38-I-1 et 2) ;
7° le double dérapage contrôlé évitant la Citroën 8CV "Rosalie" rouge, la Ford Vedette Abeille bleue, le piéton et le motocycliste (AT, 38-I-3) ;

Et, CHEF d'OEUVRE dans le CHEF d'OEUVRE sur la place principale de Cervens :

8° la traversée homérique du marché public (AT, 38-II), également en dérapage contrôlé, au cours de laquelle, "Cartoffoli" évite :

a) trois voitures (une Chenard & Walker 1935 ou une Berliet - ? - rouge et brune, une Renault 4CV verte et une Peugeot 202 bleue), une motocyclette et une charrette à cheval ;
b) des animaux à pattes (chien, cochons, vaches et le cheval ruant puissamment), à ailes et à plumes (poules et oies) ;
c) la gent humaine : quasi impossible d'estimer le nombre de ceux qui sont impliqués "directement" (parce que se trouvant sur la trajectoire de la Lancia) ou "indirectement" (parce que pris de panique) ;

Cette case AT, 38-II (*), Hergé aurait légitimement pu la revendiquer comme une de ses meilleures ... au même titre que celles qu'il a personnellement identifiées dans "Le crabe aux pinces d'or" et "Le trésor de Rackham le Rouge" ... tant elle est riche d'une multiplication de mouvements divers synthétisant un tout récent passé, paraissant cependant conjugué au "présent" , un présent "immédiat" et un futur déjà "présent" !!! Ensemble "temporel" obéissant précisément à la trajectoire de la voiture maîtrisée ... de main de maître par "Arturo, Benedetto .... Cartoffoli dé Milano" !!!

(*) en 1960, elle me paraît avoir inspiré le tohu bohu, objet d'une question en forme de "devinettes" du jeu "Bob Binn" du Journal Tintin, n° 614 (18/60), intitulé "Bob Binn à Loufocqville" ...

9° admirons l'efficacité des freins de la Lancia (TS I I I I I) et la manière dont Cartoffoli, ne déviant pas d'un centimètre, s'arrête sous l'injonction de l'agent de police - qui ressemble à Dupont - (AT, 38-III-2) !!!

10° le franchissement du passage à niveau à double barrière - "DZINGG - DZINGG" - (AT, 39,II-1) ... analogique avec un fait semblable, dans un contexte autrement plus dramatique, dans "L'Oreille cassée" (OC, 39-I-2) ;

11° enfin, "ouné pétite queue dé sardine" et "oun bon coup dé frein ... Ecco ! ... Superbissimo" pour faire s'arrêter la Chrysler New Yorker Deluxe jaune des ravisseurs de Tournesol (AT, 39-II-3 et III-1) !!!

Il reste que cet intermède est un des plus désopilant de TOUTE l'oeuvre d'Hergé et se classe en TOUT PREMIER lieu de ceux émaillant "L'Affaire Tournesol" qui en fourmille !!!
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jacqueshervelundi 13 juillet 2015 à 20:44
On remarquera que le parapluie de Tournesol fait penser à un malfaiteur dans Tintin en Amérique présent dans un château puis dans les usines Slift possédant une canne - épée.

J'aime dans ce récit le contraste entre le capitaine Haddock qui demande à Cartofolli de conduire convenablement et la réponse de celui -ci qui prétend que lui et ses compatriotes sont les meilleurs conducteurs du monde alors qu'en démarrant il avait projeté le capitaine sur la banquette arrière.

"Vous ne pouvez pas conduire comme tout le monde ?''' dit le Capitaine Haddock

et Cartofolli répond :

"Ma qué, jé vais vous montrer que les voitourés et les conductorés italiens sont les meileurés dou monde".

...avec une prononciation française déformée qui fait penser à celle de Ramon Bada dans L'Oreille Cassée ou à Alcazar dans les 7 boules de cristal.
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nicnolmercredi 20 mai 2015 à 10:11
L'intrusion de Tintin et Haddock dans la villa de Topilino est l'occasion pour Hergé de nous divertir d'un savoureux "gag" ayant à nouveau pour objet l'assuétude (*) d'Haddock à l'alcool, venant en contrepoint du dialogue sérieux entre Tintin et Topolino procédant à un échange d'informations et s'efforçant de débrouiller l'affaire en cours (AT, p. 25 et 26).

(*) de nos jours, du fait de l'impérialisme linguistique de l'anglais et la domination "culturelle" - Hum ! - étatsunienne, on utilise désormais, par anglicisme lexical, le terme "addiction" d'étymologie cependant latine.

On ne compte, en effet, pas moins de SIX allusions à la soif et au vin, glissées avec un à-propos jubilatoire et assorties de mimiques éloquentes, par un Haddock alléché, tel le corbeau de la Fable, par la présence de la bouteille de Fendant et dès lors, devenu provisoirement étranger à l'enjeu comme au sort de Tournesol ... avant que de se voir autorisé par Topolino de se servir "si le cœur (lui) en dit" (AT, 26-III-3) ... Las ! Par deux fois, il est empêché de "communier" sur l'autel de Bacchus par un geste brusque de Tintin d'abord, l'explosion de la machine infernale déposée par les agents Bordures ensuite ... comme il l'avait déjà été, de saisissement, à son entrée dans la villa, à l'audition soudaine d'un menaçant "Ha ! Ha ! Ha ! ... C'est ce qui s'appelle se jeter dans la gueule du loup ..." se révélant n'être que l'argument d'un feuilleton radiophonique - AT, 23-IV-3 - 24-I-1 - ainsi qu'il y en avait - et d'excellents ! - à l'époque, alors que la télévision n'en était encore qu'à ses premiers pas (*) ... Goûtons à cet égard avec quel à propos le scénariste Hergé "joue" en virtuose avec le thème (et l'ambiance) de la menace dans le cadre énigmatique de la villa de Topolino …

(*) enfant, il me souvient avoir néanmoins suivi dans les années '60 les démêlés de "Zappy Max" avec le redoutable "Kurt von Straffenberg" alias "Le Tonneau" ou, bien meilleurs, les romans de Gaston Leroux, "Le Mystère de la Chambre Jaune" et "Le parfum de la dame en noir" avec l'excellent (et regretté !) Jean-Pierre Loriot dans le rôle de Rouletabille ... Feuilletons radiophoniques que la RTBF serait bien inspirée d'éditer !!!

Ces "gags" se situent en analogie avec un épisode semblable dans "Le Secret de la Licorne" quand, à trois reprises, Tintin empêche le capitaine d'illustrer - si l'on peut dire ! - le "feu" du récit des exploits de son ancêtre et de joindre le geste à la parole en s'enfilant de pleines rasades de whisky (SDL, 22-II-1 - 22-1V-1 - 23-IV-1) puis, à nouveau, mais involontairement cette fois, en fin d'album (SDL, 61-II-1 et 62-II-2) !!! "Gag" dans le "gag : ordinairement si regardant à l'égard de l'intempérance alcoolique de son chien, Tintin préfère refiler à Milou le verre de whisky que de permettre au capitaine de joindre le geste à la parole ... d'où, une parenthèse humoristique d'un Milou rapidement saoul (SDL, 22-IV et 23-I) !!!

Ces incidents ressortent de la technique hergéenne du "comique haddockien" : "son impulsivité, sa propension à s'exposer au danger, à déclencher des catastrophes" comme "les états seconds dans lequel le plonge l'absorption d'alcool ou son contraire, la découverte qu'il en sera privé" (Thierry Groensteen). Cette fois pourtant, Haddock pourra ENFIN satisfaire son ... "addiction" : ayant "sauvé" la bouteille de vin des ruines de la maison de Topolino, il pourra "glou-glouter" un bon coup avant que de pouvoir se permettre de "s'évanouir" de bonheur (AT, 27-II-2,3 a et b, 4) !!!
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nicnolvendredi 15 mai 2015 à 11:49
D'accord avec mcenroe37 !!! Il apparaît difficile de croire que l'inventeur du "moteur atomique", de la "tournesolite", du casque en plexiglas et du scaphandre lunaire, que le concepteur de divers calculs savants de radioguidage et d'un dispositif capable de faire sauter un engin spatial en plein vol, que le créateur de la XFLR6 et de la fusée lunaire promu "le vainqueur de la Lune", n'ait pas eu les "honneurs" de la presse ... à tout le moins scientifique et que le professeur Topolino n'ait pas pu "tomber" sur un article scientifique y consacré !!! D'autant plus que, manifestement, il se tient au courant des "progrès" de la Science : à preuve, la revue américaine "Les recherches allemandes durant la seconde guerre mondiale" que consulte Tintin (AT, 23-III et IV) !!!

A moins d'admettre que Topolino (au demeurant, antipathique et colérique au point de qualifier son supposé agresseur de "sinistre gredin" - AT, 25-II-2 -) soit en outre à ce point misanthrope qu'il s'isole totalement de la société humaine, qu'il soit atteint de la même distraction maladive que Tournesol ou qu'il éprouve de grandes difficultés à fixer un visage dans sa mémoire (c'est un peu mon cas, étant capable de croiser quelqu'un que je fréquente régulièrement et ... "ne pas le reconnaître" - je dois en avertir toutes mes connaissances - !!!) ...
+3
jacqueshervemardi 5 mai 2015 à 12:08
comment le professeur Topolino, physicien de haut niveau, peut-il ne pas connaître de vue notre bon vieux Tournesol, le vainqueur de la lune, lorsque ce dernier se présente chez lui ? ===> Il est possible qu'il le connaisse par son nom sans l'avoir vu en photo. Notons que le choix du nom Topolino se justifie car à l'époque de la création de l'album de nouvelles histoires de Mickey écrites par l'Italien Romano Scarpa s'inspiraient du concept des albums de Hergé. Le scénariste dessinateur italien se serait sans doute inspiré du personnage de Wolff pour créer Karl Eric Purcell dans la BD "Mickey et l'Ongle de Kali" en tant que redoutable espion dont le but était de livrer des données scientifiques ou militaires à une puissance étrangère comme les espions dans l'Affaire Tournesol qui s'emparent de l'invention du Professeur.
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antony001dimanche 1 mars 2015 à 11:49
La course poursuite est cool mais si je serai tintin j'aurai fais autrement pour s'évader avec tournesol et échapper aux bordures. c'est cool avec sponz
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cricri007vendredi 2 janvier 2015 à 00:21
Un des meilleur albums Tintin, le dessin est superbe et les décors, les voitures contribuent a nous faire voyager! De plus, la prémonition du 911 est consternante!
Un autre coup de chapeau d' Hergé et ses collaborateurs!
+1
mcenroe37mardi 23 décembre 2014 à 10:16
Moi aussi j'adore cette aventure, mais il y a pourtant une faille scénaristique : comment le professeur Topolino, physicien de haut niveau, peut-il ne pas connaître de vue notre bon vieux Tournesol, le vainqueur de la lune, lorsque ce dernier se présente chez lui ? Je sais bien que l'Affaire se déroule au beau milieu des années 50, que l'image n'avait pas encore l'importance qu'elle a aujourd'hui, mais tout de même, il y avait bien des photos dans les journaux à cette époque, non ? Tournesol n'est autre que l'homme qui a relevé le plus grand défi scientifique de son temps, tout de même !!
Je ne vois d'autres raisons que l'absence de télé chez Topolino (Tintin et Haddock n'en ont d'ailleurs pas eux-mêmes, du moins pas encore), et la très mauvaise qualité des photos de presse. Mais moi, à la place du résident suisse, j'aurais enregistré, je pense, le visage d'un si éminent confrère après l'avoir seulement aperçu dans le premier canard venu.
Je précise que cette remarque est d'autant plus fondée qu'il y a dans "L'affaire Tournesol" deux références très claires à l'expédition lunaire. On ne peut donc m'objecter que cette aventure-ci est totalement indépendante de la précédente...
+2
nicnolsamedi 18 octobre 2014 à 12:58
Le 17 février 1952, Hergé et son épouse Germaine sont impliqués dans un grave accident de voiture. Amateur de vitesse, Hergé aimait les voitures rapides ... Il possédait une Lancia Aprilia (et en fait apparaître une dans "Tintin au Pays de l'Or noir", propriété de l'émir Ben Kalish Ezab, grâce à laquelle Tintin et le capitaine ont pu se lancer à la poursuite du Dr Müller ... et le rejoindre, ayant laissé sur place les cavaliers de l'Emir et la jeep des Dupondt) ... Germaine, grièvement blessée, restera plusieurs mois en chaise roulante et devra désormais marcher avec une canne ...

Plus de deux ans après, "Arturo Benedetto Giovanni Giuseppe Pietro Archangelo Alfredo Cartoffoli dé Milano", citoyen italien, au volant d'une Lancia Aurelia B20 GT coupé, est à deux doigts d'expédier Haddock dans un monde meilleur (AT, 36-II-1), entrant de la sorte dans l'encyclopédie et la légende des chauffards patentés (réels ou de fiction) ... Si le capitaine a pu sortir INTACT d'un pareil choc (un éclair fulgurant surmonté d'un "BANG" et de quatre étoiles tandis que casquette, chaussure, veste et parapluie de Tournesol valdinguent dans les airs) c'est que les possibilités et les "libertés" avec la vraisemblance dont s'autorise la bande dessinée - comme celles du dessin animé - sont "infinies" ... !!! Allusion au et remémoration du terrible accident qui a laissé Germaine handicapée (de son propre aveu, c'est elle qui, amateur de haddock, a trouvé d'emblée le nom du capitaine) : Arturo Cartoffoli, ce "cow-boy de la route" doublé d'un "Bougre de sauvage d'aérolite de tonnerre de Brest" (dixit Haddock, qui le lui postillonne via le pare-brise - AT, 36-II-3 - !) roule en Lancia Aurelia B 20. Initié par Tintin à l'enlèvement de Tournesol, il va prendre en charge nos héros ...

Cette rencontre va être l'occasion pour Hergé de régaler ses lecteurs de quatre planches mémorables, allant crescendo dans le comique (le "goudron frais" dont sont copieusement aspergés les ouvriers ... le virage pris sur les chapeaux de roue ... le dos d'âne ... la limitation à 30 kms/h ... la priorité de droite "superbement" méprisée - AT, p. 37 -) et dont l'ULTRA comique culmine en page 38, dans la traversée homérique (si l'on peut dire !) du village français de Cervens et l'impunité dont le "sauvage" bénéficie par la longueur kilométrique de son patronyme ! C'est que le "pandore" qui entend le lui faire "coûter cher" est à ce point si providentiellement stupide (il apparaît encore plus "Ewaré" - comme on dit en wallon liégeois - que les Dupondt ou que Mike MacAdam, l'incompétent détective dans "Tintin en Amérique" !) qu'il est incapable d'enregistrer sur son calepin "Arturo Benedetto Giovanni Giuseppe Pietro Archangelo Alfredo Cartoffoli dé Milano" dont le nom pourrait bien être une allusion au "Karttofel" - pomme de terre - allemand (étymologiquement, de tartuficolo - "petite truffe" -, nom donné en Italie à la pomme de terre lors de son arrivée dans le pays) !!!

Gageons que, de nos jours, fliqués comme nous le sommes par de multiples radars mobiles ou fixes de plus en plus sophistiqués et "performants" (il faut bien que rentre l'argent d'impôts ... "indirects" providentiels dans les caisses de l'Etat ... lors que l'état de nos routes, LUI, suit une courbe de qualité inverse !!!), aucun de nous ne bénéficierait d'une telle chance ... ni ne pourrait se permettre de tels excès de vitesse (il nous est INTERDIT, en dépit de voitures potentiellement capables de franchir les 200 kms/h, de dépasser le 120 kms/h et sommes astreints à observer - y compris la NUIT ! - des limitations ABSURDISSIMES descendant jusqu'à 30 kms/h !!!).

Signalons pour conclure ce qui apparaît bien devoir être une erreur de composition : dans la vignette 38-I-1, "Arturo (etc) Cartoffoli", pied au plancher, écrase autant qu'il est encore possible la pédale des gaz avec ce qui semble bien être ... son pied gauche ...
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chouchou44mercredi 8 octobre 2014 à 01:05
Un pur chef d'oeuvre !
Un de mes préférés aussi à lire et à relire avec toujours le même plaisir. De l'action, du suspense et de l'humour. Merci encore Monsieur Hergé.
Remarque : l'extrait du dessin animé qui accompagne cette page est tiré de "Coke en Stock"... Et qui est aussi à mettre dans le trio de tête des albums les plus aboutis, enfin à mon humble avis !
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bouzoukslundi 18 août 2014 à 18:32
Mon album préféré (avec Coke) : Hergé au sommet de son art !
Après, il y aura encore le "Tibet", et les "Bijoux" et puis... basta !
Quel scénario ! Un vrai "polar" !
A présent, à l'arrière de ma "Souzouke", il y a un pays qui y figure : "SYL"
Les connaisseurs... connaissent !
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nicnolmardi 29 juillet 2014 à 11:50
Séraphin Lampion … ? "Véritable emblème du Monde dégradé" … "le jumeau ignoble d’Archibald" … "sa faconde est son passe-partout" … "roublardise et goût de la combine" … "médiocrité satisfaite" … "caractère pique-assiette" … "la fausse-monnaie verbale que constituent ses jeux de mots et ses lieux communs" … "la tribu Lampion, dans sa sinistre normalité" … "dégrade la beauté" … "son image, laid et conventionnel" … "Lampion n’arrive pas seul, il traîne à sa suite une pléiade de parasites, gens de l’infomation ou du spectacle qui sont à l’affût du moindre potin mondain pour le reproduire et l’amplifier." (Jean-Marie Apostolidès - "Les Métamorphoses de Tintin" - "Livre 3" ("Lampion") - "Le Monde Dégradé".

Tels sont, dans l’analyse de l’essayiste et tintinologue français, les traits de caractère s’attachant au vendeur d’assurances … dont on ne saurait s’étonner qu’il soit à ce point « populaire » ... C'est qu'il reflète "à merveille" cette médiocrité satisfaite, signature de ce néant sociétal qui ne faisait encore que poindre à l’horizon à l’époque de la composition de "L'Affaire Tournesol" (le génie d'Hergé est précisément de l’avoir pressenti et caricaturé à l’avance avec un humour … cette fois grinçant) et désormais pleinement devenu REALITE en notre temps ... Jean Marie Apostolidès les juge si consubstantiels à nos sociétés qu'il définit la dernière période de l'oeuvre d'Hergé en tant que marqué du sceau de "l’univers Lampion" ! Il réapparaîtra dans chacun des derniers albums (Hergé trouvera le moyen de l'insérer, fanfaronnant, à l'épilogue de "Vol 714 pour Sydney" qui pourtant se passe entièrement LOIN de Moulinsart) à la seule exception (comment s’en étonner ?) de "Tintin au Tibet", là où ses valeurs dégradées ne sauraient avoir nul accès …

Séraphin Lampion, quintessence du bourgeois bruxellois dans sa suffisance, sa médiocrité satisfaite, sa hauteur et son mépris de tout qui n’est pas "de la capitale", me fait immanquablement penser à telle féroce versification de Jacques Brel (in "Ces gens-là") qui, bruxellois comme Hergé, s’y connaissait en "bruxellité" et dont Hergé lui-même évoque "l'esprit" en "la mine d'histoires salaces que Lampion répand dans tous les milieux", leg de son "oncle Anatole" ... Regardons-le, dans "L’Affaire Tournesol", en 5-III-1, s’avancer avantageusement, mains dans les poches et, en 5-IV-1, remplissant de ses fesses un fauteuil, lui qui, préférant "le moderne", snobe le style "ancien" de Moulinsart … "Goûtons" son sans-gêne en 5-III-4 ... En contraste à cette faconde, à ce sans-gène, la vision de son arrière-train offert à la lumière de lampes électriques, seule partie de son individu émergant d'un buisson du parc du château où il s'est réfugié, tremblant de trouille (AT, 9-I-1) ... ce dont il se gardera de se vanter un peu plus tard (AT, 13-III) ... On a le courage qu'on peut !!!

"Admirons" aussi de quelle manière sa (sinistre) "petite famille" (Sic !) transforme le château en 61-IV-2 (notons qu’Abdallah et sa suite, eux au moins, campant dans la "salle de Marine" - Coke en Stock 6-IV-2 -, respecteront Moulinsart, se contentant d’entasser meubles et bibelots du capitaine dans un coin) …La "tribu" Lampion … ? Vingt ans, trente ans à l’avance, c’est DEJA le règne de "l’Enfant-Roi", ce "p'tit chéri" à qui TOUT est permis et partant, la démission des parents à qui, dorénavant, il est "INTERDIT" de sévir !!! Et l'on ne s'étonnerait pas outre mesure si, dans l'hypothèse où Hergé avait pu mener à bien "l'Alph-Art", on aurait retrouvé tels "Lampion Junior" paumés, égarés dans les "conférences" du "guru-magnétiseur" Endaddine Akass ...
jacqueshervesamedi 3 mai 2014 à 01:52
A noter P 18 la vignette regroupant les deux ascenseurs de l'Hôtel Cornavin (l'un qui monte avec nos amis et l'autre avec Tournesol qui descend). Cette case fait penser à un modèle d'ascenseur continu : le Paternoster mis au point au Royaume Uni au XIX° siècle.
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