La Fondation Raymond Leblanc

Actualité ~ jeudi 23 décembre 2010 ~ 3 commentaires

Moulinsart et la Fondation Leblanc sont heureux de vous annoncer leur collaboration à propos de la communication et de la promotion des activités et missions menées par la Fondation Leblanc. Dorénavant,  le site tintin.com et les autres sites associés à tintin.com gérés par Moulinsart relaieront toute l'information et l'actualité concernant la Fondation Leblanc. Nous lançons le bal médiatique par un rappel de la mission de la Fondation.

Fondation Raymond Leblanc

La Fondation Raymond Leblanc (en abrégé « FRL ») a été inaugurée officiellement le 26 septembre 2006 à l'occasion du 60e anniversaire des Éditions du Lombard et du journal « Tintin ». La FRL tend à faire connaître, rassembler et conserver l'ensemble du patrimoine culturel constitué par Raymond Leblanc, fondateur, entre autres, du journal « Tintin », des Éditions du Lombard, de l'agence de publicité Publiart et des studios de dessins animés Belvision. Située au 2e étage du Building Tintin, la FRL organise des expositions permanentes, mais également temporaires. La FRL souhaite, en effet, mettre en avant la bande dessinée et le dessin animé, au travers de différents espaces consacrés à l'œuvre de Raymond Leblanc, ainsi qu'à la bande dessinée et au dessin animé en général. La FRL souhaite aussi promouvoir et soutenir des jeunes auteurs par l'attribution d'un prix annuel. La FRL s'engage également à promouvoir l'image culturelle de Bruxelles, comme capitale de l'Europe et symbole de la bande dessinée, en mettant en valeur son patrimoine, par le biais, notamment, du Building Tintin dont l'enseigne est classée en tant que monument historique. Plus largement, la FRL s'est fixée pour objectif de devenir un lieu de rencontres et d'échanges interculturels, en soutenant et en stimulant la bande dessinée en général et en honorant les personnes qui l'ont marquée. Des conférences et des projections seront organisées dans l'ancienne salle de visionnage de Belvision, spécialement réaménagée.

Cette camionnette parcourait la Belgique et participait aux jeux de plages à la côte belge
Eugène Van Nyverseel - le deuxième rédacteur en chef du journal Tintin
Jean Graton - un des piliers du journal Tintin dans les années 60
Le Ministre de la Culture Henri-François Van Aal - Hergé et Raymond Leblanc
1955 le journal Tintin s'offrit une petite soeur Line
Raymond Leblanc et Ray Goossens qui fut un des responsables du studio d'animation Belvision
Le premier site des Editions du Lombard
L'immeuble de l'avenue Paul-Henri-Spaak où s'installèrent les Editions du Lombard
Le secrétaire général de l'Otan M. Paul-Henri Spaak
Le magasin Tintin rue du Lombard
Le prince Albert - futur roi Albert II de Belgique en visite à la Foire du Livre de Bruxelles
Edgar-Pierre Jacobs - créateur de Blake et Mortimer

Raymond Leblanc

Raymond Leblanc est né à Longlier, près de Neufchâteau, dans les Ardennes belges, le 22 mai 1915. Il s'est éteint le 21 mars 2008 à 92 ans. Tout jeune, il entame une carrière au sein de l'Administration en tant que Vérificateur des Douanes. La Guerre 40-45 va cependant changer le cours de son destin. Officier de réserve, il publie, en 1942, « Dés pipés  ? Journal d'un Chasseur Ardennais », un premier ouvrage consacré à la guerre. Parallèlement, il entre dans la Résistance. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, Raymond Leblanc décide de se lancer dans les affaires. Il s'associe à deux amis, tout aussi passionnés que lui par l'édition : André Sinave et Albert Debaty.

En décembre 1944, ils fondent une petite maison d'édition appelée « Yes ». La jeune société, qui ne compte alors qu'une dizaine de collaborateurs, s'installe à Bruxelles où elle occupe trois locaux au n° 55 de la rue du Lombard, près de la célèbre Grand-Place. Cette adresse déterminera le nom d'une nouvelle société créée par la suite, «Les Éditions du Lombard». Dans ces premiers bureaux naissent la collection « Cœur », sous-titrée « le roman d'amour du jeudi », une collection de romans d'amour complets, paraissant chaque semaine ou bien encore « Ciné-Sélection », un magazine d'actualité cinématographique.

Fin de l'année 1945, Raymond Leblanc tente, avec plusieurs associés, de convaincre Hergé de créer un périodique pour jeunes de 12 pages qui s'intitulerait « Tintin ». Hergé accepte et le petit reporter, créé en 1929 et déjà popularisé par douze albums publiés aux Éditions du Petit "Vingtième", puis Casterman, va devenir le héros titre d'un hebdomadaire de bandes dessinées. Les « Éditions du Lombard » naissent ainsi, le 8 août 1946, ayant pour vocation première la création, la diffusion et la promotion du journal « Tintin ».

Hergé, directeur artistique et Jacques Van Melkebeke, rédacteur en chef, complètent alors l'équipe du journal « Tintin » avec trois amis : Edgar Pierre Jacobs, Jacques Laudy et Paul Cuvelier. Les quatre auteurs ont chacun leur talent et font preuve d'un dynamisme formidable. Hergé poursuit minutieusement les aventures de Tintin et Milou. Jacobs innove avec « Le Secret de l'Espadon », mettant pour la première fois en scène Blake et Mortimer, futur monument de la bande dessinée. Avec l'étoffe d'un grand dessinateur, le jeune Cuvelier crée le personnage de Corentin. Peu connu du grand public, Laudy illustre pour sa part, avec poésie et romantisme, « La Légende des quatre Fils Aymon ».

Le 26 septembre 1946, le « Journal Tintin » et « Kuifje » " son équivalent néerlandophone " font leur apparition dans les kiosques et les librairies de Belgique. Quelques jours plus tard, il ne reste pratiquement rien des 60.000 exemplaires mis en vente.

En mai 1947, l'hebdomadaire « Tintin » s'impose comme « le journal de tous les jeunes de 7 à 77 ans. »

En 1948, Raymond Leblanc persuade le jeune éditeur parisien Georges Dargaud de coéditer une version française de l'hebdomadaire. Pour plus de 350.000 jeunes Français, la lecture du journal « Tintin » deviendra chaque semaine un moment privilégié.

En 1950, le succès du périodique incite Raymond Leblanc à se lancer dans l'édition d'albums de bandes dessinées popularisées par son hebdomadaire. Les deux premiers volumes des Éditions du Lombard sont signés Edgar P. Jacobs (Blake et Mortimer ? « Le Secret de l'Espadon » T.1) et Paul Cuvelier (« Les Extraordinaires Aventures de Corentin »). Une initiative qui se concrétise par la publication d'environ 1.500 titres, publiés jusqu'en 2006 (dont plus de la moitié figure encore au catalogue, subdivisé lui-même en une dizaine de collections). D'autre part, s'inspirant des points « Artis » que sa mère collectionnait, Raymond Leblanc décide de récompenser les lecteurs du journal, en créant, en décembre 1950, des points de fidélité à découper, intitulés « Timbres Tintin » ou « Kuifje's bon ». Ceux-ci apparaissent dans le journal belge en janvier 1951. Les lecteurs français devront attendre 1952 pour en découvrir les équivalents, titrés « Chèques Tintin » pour des raisons légales. Ces coupons permettent d'obtenir des cadeaux divers, hors commerce (ce sera l'idée de génie), offerts en échange d'un nombre donné de points : des puzzles, des portefeuilles, mais aussi des livres chromos « Voir et Savoir » " illustrés par le Studio Hergé ", des jeux de l'oie, etc. Devant l'engouement des lecteurs, des marques de produits alimentaires s'associent au concept du « Timbre Tintin », en les plaçant sur leurs emballages comme bonus. On en trouvera sur divers produits de consommation. Ce succès inattendu oblige la société à engager une vingtaine de personnes supplémentaires pour gérer un département spécial. Environ deux cents millions de « Timbres Tintin » circuleront chaque année en Belgique. Raymond Leblanc comprend l'intérêt réciproque de la fidélisation des lecteurs et trouve le moyen de l'appliquer avec succès dans son entreprise.

En 1952, en pleine expansion et à l'étroit au n° 55 de la rue du Lombard, la société s'installe dans un immeuble plus vaste situé au n° 24 de la même rue, d'abord sur un, puis sur deux niveaux. Dans ces pages naîtra, parmi d'autres, en 1953, la série Chick Bill de Tibet.

En juillet 1954, Raymond Leblanc crée l'agence de publicité « Publiart », dont il confie la direction à Guy Dessicy. Pour la première fois en Belgique, une société de publicité utilise des personnages de bandes dessinées. L'agence compte d'importants clients, comme Côte d'Or ou Coca-Cola. Cette agence créera, par la suite, la célèbre effigie du Kangourou de Walibi, un parc d'attractions belge très fréquenté.

En 1955, naissent les studios « Belvision » qui animent de manière très artisanale, au départ des personnages de bandes dessinées pour la télévision. Par la suite, les studios s'équipent d'un matériel plus sophistiqué et forment un personnel capable de travailler à la réalisation de courts et de longs-métrages d'animation, tels « Pinocchio dans l'espace », une coproduction belgo-américaine, ou bien encore « Astérix le Gaulois », « Astérix et Cléopâtre », « Tintin et le Temple du Soleil », « Daisy Town », « Tintin et le Lac aux Requins », « Les Voyages de Gulliver », « La Flûte à six Schtroumpfs », etc. Belvision devient alors l'un des plus grands studios européens de réalisation de longs-métrages, mais aussi de films publicitaires et didactiques utilisant les personnages des bandes dessinés du journal « Tintin ». Au fil du temps, Belvision s'équipe des moyens les plus modernes et compte dans ces rangs les rares spécialistes européens du dessin animé. Les réalisations de Belvision connaîtront un succès mondial. On parlera même du « Hollywood européen du dessin animé ».

En 1955, toujours associé à Georges Dargaud, Raymond Leblanc édite « Line », le journal des « chics filles », pendant au féminin du périodique « Tintin ».

Le 13 septembre 1958, grâce à l'immense succès du journal « Tintin » et du « Timbre Tintin », les sociétés, qui emploient alors quelque 100 personnes, quittent la rue du Lombard pour s'installer dans le tout nouvel immeuble construit à l'initiative de Raymond Leblanc, avenue P.-H. Spaak, près de la gare du Midi. Paul-Henri Spaak, lui-même, inaugure officiellement « son » Avenue et le Building Tintin.

En 1962, après l'avoir fait connaître en Belgique, Raymond Leblanc devient coéditeur de l'hebdomadaire « Pilote » créé, notamment, par René Goscinny, Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier, et racheté par Dargaud.

En décembre 1963, racheté par Daniel Filipacchi, l'hebdomadaire « Line » cède la place à « Mademoiselle Âge Tendre », journal pour « jeunes filles dans le vent ». Le Lombard en assure la version belge. Quand on l'interroge sur le prodigieux succès de son entreprise et sur ses capacités de découvreur de talents, Raymond Leblanc rappelle la fameuse devise américaine : «  Il n'y a pas d'affaire à succès. Il n'y a que des hommes à succès ». Homme d'affaires avisé et visionnaire, Raymond Leblanc est incontestablement un de ceux qui, avec Dupuis, Casterman et Dargaud, ont le plus contribué à ce que la Bande Dessinée soit reconnue comme le 9e Art.

Fin 1986, Raymond Leblanc cède les Éditions du Lombard au groupe Média-Participations, auquel il confie la direction en janvier 1988.

Le 26 novembre 1988, le dernier numéro du journal « Tintin » sort de presse. La version néerlandophone est toutefois poursuivie jusqu'au 26 juin 1993.

En 2003, lors du 30e festival d'Angoulême, la profession rend hommage à Raymond Leblanc, en décernant, pour la première fois, un Alph-Art d'honneur à un éditeur.

En 2006, les mémoires de Raymond Leblanc, rédigées par Jacques Pessis, sous le titre de : "Raymond Leblanc, Le Magicien de nos enfances - La Grande Aventure Du Journal Tintin" sont parues aux Éditions de Fallois.

Raymond Leblanc est décédé le 21 mars 2008 à l'âge de 92 ans.

Mme Fanny Rodwell et M. Rauymond Leblanc
L'inauguration du nouvel immeuble Tintin
Tibet - le créateur de Chick Bill et de Ric Hochet
Tintin Milou et leurs amis sont rejoints - au pied de Manneken Pis
Le Ministre de la Culture Henri-François Van Aal - Hergé et Raymond Leblanc
Mittéi - Edouard Aidans - Edgar-Pierre Jacobs et Jean Graton
Building Tintin
L'effigie de Tintin et Milou a subi une cure de rajeunissement en 2009
Le prince Philippe rend visite aux Editions du Lombard
Pinocchio - Raymond Leblanc et Ray Goossens dans la salle de vision de Belvision

Prix Raymond Leblanc

La FRL souhaite promouvoir et soutenir la création par l'attribution d'un prix annuel, décerné à de jeunes auteurs de bande dessinée. Les candidats devront présenter une histoire courte, avec couverture, sur la base d'un thème déterminé. Les lauréats seront édités, en album, par les Éditions du Lombard. En outre, une exposition leur sera consacrée et le premier lauréat se verra attribuer un soutien financier. Un appel à candidature est lancé chaque année.

Salle d'expositions

Située au 2e étage du Building Tintin dont la célèbre enseigne est classée en tant que monument historique, la FRL ouvrira ses portes au public dès le 27 septembre 2006. Les différentes salles d'exposition mettront en évidence des archives inédites, comprenant, entre autres, des planches originales de bandes dessinées (issues notamment du journal « Tintin »), des documents historiques, du matériel utilisé pour la réalisation de dessins animés par « Belvision » (films, cellos, décors, photos...), etc. Divers espaces sont aménagés au sein de la Fondation et comprendront une partie fixe, ayant trait à l'historique de chacun d'entre eux, et des expositions temporaires : Un espace « Raymond Leblanc », un espace « Lombard », un espace journal « Tintin », un espace « Publiart », un espace « Belvision », un espace « Jeunes Talents », un espace « Ville » et, enfin, une salle de vision dans laquelle seront organisées des projections de dessins animés et de films didactiques, ainsi que des mini conférences.

Contacts

La FRL est ouverte sur rendez-vous uniquement. Elle se situe au deuxième étage du Building Tintin, en face de la gare du Midi, au n° 7 de l'avenue Paul-Henri Spaak, 1060 Bruxelles. Tel : +32 (0)2/520.70.09 - Fax : +32 (0)2/521.70.09 - E-mail : info@fondationrleblanc.be -www.fondationrleblanc.be

Vos contributions (3) Contribuer
apollinarismercredi 24 avril 2013 à 10:41
On voit ci-dessus l'image de la camionnette utilisée par Tintin pour des jeux de plage à la côte. J'ignore si Tintin a organisé ses propres jeux publicitaires, mais ce dont je suis sûr, en revanche, c'est que le journal Tintin a participé aux deux dernières éditions des fameux jeux de plage publicitaires "Les Rois du Volant" (1953-1970), dont Apollinaris et Torck étaient les sponsors principaux (voir par ex. le journal Tintin n° 33 de 1969, édition belge, p. 30). L'une des grosses attractions était le légendaire car publicitaire Apollinaris de marque Studebaker, dont on ne retrouve quasiment plus aucune photo claire et valable, hélas !
+1
boummardi 4 janvier 2011 à 10:22
merci Zmyl pour ta réaction
+1
zmylpat007jeudi 30 décembre 2010 à 16:47
Il serait bon aussi qu'il soit fait un vrai travail sur ce qu'a produit Belvision. Les deux longs-métrages d'animation "Tintin" (comme pratiquement tous les autres) sont sortis, mais il existe à côté quantité de courts-métrages, publicités, etc. (sans parler des séries pour la TV).
Et puis, il faut bien le dire, la ressortie en DVD du "Lac" et du "Temple" sont des catastrophes : le recadrage en 16/9 de dessins animés initialement réalisés en 4/3 gâche tout...
(J'écris dans le noir, là, et je me souhaite bonne chance pour trouver le bouton de validation......... ah, oui, c'est vrai, il faut cliquer sur "Contribuer".)
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