Hergé Tintin et les Soviets

Dossier ~ mardi 18 octobre 2016 ~ 5 commentaires

En mélangeant l’Histoire à celle de la bande dessinée et en faisant aussi bien le récit des débuts modestes du père de Tintin, Philippe Goddin retrace pour nous la naissance d’une œuvre qui fut la première pierre à l’édifice de Georges Remi : Tintin au pays des Soviets.

1917, la Russie est en effervescence, les révolutionnaires ont pris le pouvoir. Pour Hergé, à peine âgé de dix ans, les mots "bolchevik", "goulag", "Lénine", ressemblent à des insultes pré-haddockiennes.

La naissance de Tintin

Ce n’est que six ans plus tard, que la réalité du communisme lui sautera au visage. D’ailleurs, le jeune artiste esquissera le portrait édifiant d’un bolchevik. Indigné parmi les autres, c’est à l’occasion du lancement du Petit Vingtième, que le dessinateur belge, sous l’impulsion de son guide spirituel l’Abbé Norbert Wallez, s’attaque au régime communiste. Tintin au pays des Soviets est né de cette influence et d’une commande ferme du cher Abbé à la tête du Vingtième Siècle, journal belge catholique de l’époque. Et ce nouveau personnage de papier est chargé de mettre son nez et sa houpette dans les «réalités» soviétiques. Ce premier Tintin n’est pas un pamphlet, c’est aussi avant tout un récit mis en images pour des jeunes lecteurs. Avec cette nouvelle création, Hergé souhaite mener la narration au moyen de dessins articulés en planches et cases munies de bulles dans lesquelles il insère des dialogues. Il contribue fortement à la naissance de la bande dessinée qui était encore balbutiante.

Au pays des mensonges, ce nouveau héros qu’est Tintin ira au-delà des apparences soignées et des réalités dissimulées. Et ceux qui viendront à sa rencontre seront tapis dans l’ombre.

Un album nourri de thèmes forts

Tintin au pays des Soviets se nourrit de thèmes forts dont la mort. Celle-ci est une notion récurrente en Russie et elle est étroitement liée au pouvoir communiste. Hergé a parfaitement intégré cette notion. D’ailleurs le mot « mort », retranscrit dix-sept fois dans le récit, pourrait en être le fil rouge. Dès le début de son voyage, Tintin flirtera avec elle et rien ne sera épargné au héros. Heureusement, et parfois de justesse, le reporter échappera toujours à la grande faucheuse.

Une inspiration tirée de la réalité

S’inspirant du livre de Joseph Douillet, ancien consul belge en Russie, Hergé croit détenir une source d’informations fiables. Malheureusement, celles-ci sont plus limitées et orientées qu’il n’y paraît. Et l’auteur, par son œuvre, alimente certains traits du pamphlet anticommuniste. Heureusement, cet emprunt qu’il fait à Douillet n’occulte pas les qualités propres de Tintin au pays des Soviets. S’appuyant sur des photos de référence, Hergé conférera un certain réalisme à ses tableaux, notamment dans les uniformes qu’il prête aux Russes. Il y a une volonté de rapprocher la réalité de la fiction à travers les dessins et la narration. Cette aspiration de réalisme sera poussée très loin, puisque le retour de Tintin du pays des soviets sera véritablement organisé à la gare de Bruxelles Nord. La réalité rejoindra la fiction.

Comme tout artiste, Hergé a eu des référents et ils sont au nombre de quatre : René Vincent, Georges Mc Manus, Alain Saint-Ogan et Benjamin Rabier. Ces inspirations permettront à l’artiste de réaliser tout ce qui englobe l’expression « ligne Claire ». À travers ses dessins, Georges Remi réussira à retranscrire des émotions, et des sentiments. On retrouve également une dynamique des éléments à travers les courbes d’Hergé, mais Tintin ce n’est pas que des lignes, des courbes, des dessins... c’est aussi des bulles avec un vocabulaire et une grammaire soigneusement étudiés.

Une lutte presque sans fin

Hergé, Tintin au pays des Soviets, c’est la création d’un héros, mais c’est aussi un combat. Une lutte entre Casterman et Hergé pour le remaniement et la réédition de cette première œuvre. Finalement, c’est en 2017 que le rêve d’Hergé se réalisera, trente ans après son décès, Tintin au pays des Soviets en couleur sera édité par Casterman.

C’est à travers le livre Tintin et les Soviets que vous pourrez découvrir cette histoire, ces histoires tellement mêlées les unes aux autres et qui font tout le charme de la première oeuvre créée par Hergé : Tintin au pays des Soviets.

L’album à la loupe

Bruxelles, 1929, Tintin et Milou prennent le train direction Moscou. Pour le jeune reporter, c’est le début d’une grande aventure ; pour Hergé, son créateur, c’est le début de sa carrière. Tintin au pays des Soviets marque la naissance d’un mythe qui n’est pas près de s’éteindre.

Le carnet de voyage

Ce carnet de voyage vous emmène à la découverte d’un état qui a disparu, mais d’un pays qui est bel et bien vivant.

Vos contributions (5) Contribuer
webmercredi 14 décembre 2016 à 14:49
@tikimilou

31€50 sur le site de la Boutique
https://boutique.tintin.com/fr/herge-tintin-et-les-soviets.html
tikimiloulundi 28 novembre 2016 à 12:09
disponibilité de cet ouvrage et son prix?
Merci
stefthebigbosamedi 12 novembre 2016 à 08:24
euh non non sortie prévue pour décembre en principe !
ivannajeudi 10 novembre 2016 à 00:03
Le livre date de 2012 Yrdnal :)
yrdnalvendredi 21 octobre 2016 à 13:30
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